Signature du protocole d'amendement de la convention fiscale entre la Suisse et la Belgique
La Suisse et la Belgique ont officiellement signé un protocole amendant leur convention de double imposition (CDI) existante, selon une annonce du Secrétariat d'État suisse aux questions financières internationales (SIF). La signature marque une avancée concrète dans les relations fiscales bilatérales entre les deux pays, bien que la convention révisée n'entre en vigueur qu'après l'achèvement des procédures de ratification nationale respectives.
Ce que le protocole amende
L'annonce du SIF confirme qu'un protocole d'amendement a été signé, mettant à jour les termes de la CDI existante entre la Suisse et la Belgique. Les protocoles de ce type abordent généralement des domaines tels que les taux de retenue à la source sur les dividendes, les intérêts et les redevances, l'échange d'informations entre les autorités compétentes, et l'alignement du langage de la convention avec les normes actuelles de l'OCDE, y compris les normes minimales BEPS introduites par l'instrument multilatéral (MLI). Lorsqu'un protocole bilatéral est utilisé à la place du MLI, les deux États contractants négocient les modifications directement, ce qui peut permettre des résultats plus adaptés.
Domaines clés généralement couverts par les protocoles
Bien que le texte complet de ce protocole particulier n'ait pas encore été publié en détail dans le communiqué du SIF, les protocoles d'amendement bilatéraux de CDI entre la Suisse et les États membres de l'UE ont historiquement couvert :
- Mises à jour de l'article sur l'échange d'informations pour répondre à la norme de transparence de l'OCDE
- Taux de retenue à la source révisés ou exonérations sur les revenus passifs
- Améliorations du règlement des différends, y compris les clauses d'arbitrage obligatoire contraignant
- Dispositions anti-abus alignées sur l'Action 6 du BEPS (test de l'objet principal ou limitation des avantages)
Les cabinets conseillant des clients avec des structures suisses-belges devraient examiner le texte du protocole une fois publié pour évaluer lesquels de ces domaines ont été modifiés et si les montages de planification existants restent efficaces.
Le processus de ratification
Signer un protocole n'est pas la même chose que son entrée en vigueur. La Suisse et la Belgique doivent maintenant compléter leurs étapes de ratification internes respectives avant que la convention amendée n'ait un effet juridique.
Ce qu'implique la ratification
En Suisse, la ratification d'une convention nécessite généralement l'approbation du Conseil fédéral suivie du consentement parlementaire, avec un référendum possible s'il est demandé. En Belgique, la ratification passe par les parlements fédéral et régionaux. Le délai entre la signature et l'entrée en vigueur peut varier de plusieurs mois à plus d'un an, en fonction des calendriers législatifs des deux pays. Le protocole précisera une date d'entrée en vigueur, souvent le 1er janvier suivant la ratification ou la date d'échange des instruments de ratification.
Les cabinets comptables et les directeurs financiers devraient dès maintenant inscrire cette évolution à leur agenda. Les structures transfrontalières qui dépendent des termes actuels de la CDI pour l'allègement de la retenue à la source ou les positions d'échange d'informations peuvent nécessiter une révision une fois le texte complet du protocole disponible et un calendrier de ratification plus clair. Les obligations de déclaration DAC8 pour les cabinets comptables ajoutent une couche supplémentaire de planification de divulgation transfrontalière à considérer parallèlement aux modifications de la CDI.
Pertinence pour les cabinets opérant sur le corridor CH-BE
La Suisse et la Belgique sont toutes deux des pôles financiers et d'entreprise importants. La Belgique abrite une activité substantielle de sociétés holding de l'UE ; la Suisse héberge de nombreux sièges sociaux de multinationales et intermédiaires financiers. Le corridor entre elles est actif pour les opérations de trésorerie, le financement intra-groupe, les flux de redevances de PI et les structures de fonds.
Implications pratiques pour les conseillers
Une fois le texte du protocole publié, les conseillers devraient se concentrer sur trois questions. Premièrement, les taux de retenue à la source sur une catégorie de revenus ont-ils changé d'une manière qui affecte les structures existantes ? Deuxièmement, les dispositions révisées sur l'échange d'informations modifient-elles le profil de risque de certains arrangements ? Troisièmement, de nouvelles clauses anti-abus exigent-elles des tests de substance ou d'objet que les structures actuelles du groupe pourraient ne pas satisfaire ?
Les groupes avec des sociétés holding belges recevant des dividendes, intérêts ou redevances de source suisse, et les entités suisses effectuant des paiements à des bénéficiaires belges, devraient tous deux figurer sur la liste de révision. Les leçons de conformité transfrontalière des circulaires fiscales luxembourgeoises illustrent à quelle vitesse les modifications bilatérales des conventions peuvent se répercuter sur les exigences de déclaration et de substance pour les groupes multinationals.
Prochaines étapes pour les cabinets comptables et les directeurs financiers
Aucune action immédiate n'est requise avant la ratification. Le protocole ne s'applique pas rétroactivement aux transactions réalisées sous la convention existante. Cependant, les cabinets devraient :
- Surveiller les sites web du SIF et du Service Public Fédéral Finances (SPF Finances) belge pour la publication du texte du protocole
- Signaler ce développement aux clients ayant des flux de revenus ou des structures de groupe importants entre la Suisse et la Belgique
- Évaluer si des décisions de restructuration actuellement à l'étude devraient prendre en compte les termes de la convention amendée
- Examiner les clauses d'échange d'informations, en particulier pour les clients où des enquêtes des autorités compétentes belges ou suisses sont possibles
L'annonce du SIF est un événement de jalon. Le travail pour les conseillers commence lorsque le texte du protocole devient disponible et que les délais de ratification sont confirmés.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce qu'un protocole d'amendement de CDI ?
Il s'agit d'un instrument juridiquement contraignant qui modifie des dispositions spécifiques d'une convention de double imposition existante sans remplacer la convention dans son intégralité. Il est négocié et signé par les deux États contractants et n'entre en vigueur qu'après que les deux ont achevé la ratification nationale.
Quand le protocole Suisse-Belgique entrera-t-il en vigueur ?
Il n'entrera en vigueur qu'après que la Suisse et la Belgique l'auront ratifié selon leurs procédures nationales respectives. L'annonce du SIF confirme la signature mais n'indique pas de calendrier de ratification. Consultez les publications du SIF et du SPF Finances belge pour les mises à jour.
Les clients devraient-ils se restructurer maintenant en prévision de la convention amendée ?
Pas avant que le texte du protocole ne soit disponible. Sans savoir exactement quelles dispositions ont changé, les décisions de restructuration ne peuvent pas être correctement informées. Les conseillers devraient obtenir le texte complet, évaluer l'impact sur les arrangements existants, et seulement ensuite conseiller sur les réponses de planification.
Le protocole affectera-t-il l'échange d'informations entre les autorités fiscales suisses et belges ?
Les protocoles entre la Suisse et les États membres de l'UE mettent fréquemment à jour les dispositions d'échange d'informations pour les aligner sur les normes de transparence actuelles de l'OCDE. Les conseillers devraient vérifier l'article pertinent dans le texte publié pour confirmer si et comment la coopération entre autorités compétentes a changé.
Où puis-je trouver le texte complet du protocole ?
Le SIF publie les textes des conventions et la documentation connexe sur son site web. Le Service Public Fédéral Finances belge publie également les conventions ratifiées. Les deux sources devraient être surveillées suite à l'annonce de la signature.
Source : Secrétariat d'État suisse aux questions financières internationales (SIF)
