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Rapport KPMG 2026 : les règles sur l'IA divergent, la tokenisation passe au mainstream

CryptaCount Editorial · · 8 min de lecture
ACTUALITÉS Rapport KPMG 2026 : les règles sur l'IAdivergent, la tokenisation passe aumainstream

Le rapport annuel de KPMG sur la réglementation de la gestion d'actifs, publié le 14 octobre 2026, rend un verdict sans appel : l'environnement réglementaire mondial de l'innovation numérique ne converge plus. La supervision de l'IA se fragmente selon les juridictions, la tokenisation est passée du stade de pilote à celui de réalité opérationnelle dans les principaux centres financiers, et les règles sur les actifs numériques sont réoutillées pour s'aligner sur les normes de la finance traditionnelle. Pour les cabinets comptables, les directeurs financiers et les auditeurs qui conseillent les gestionnaires d'actifs, le rapport signale que la fenêtre pour traiter ces sujets comme des problèmes futurs est close.

Rapport KPMG 2026 : les règles sur l'IA divergent, la tokenisation passe au mainstream

Réglementation de l'IA : divergence, et non convergence

La première conclusion du rapport sur l'intelligence artificielle est frappante précisément parce qu'elle va à l'encontre de l'hypothèse selon laquelle la coordination réglementaire mondiale se renforçait régulièrement. KPMG identifie deux camps distincts qui se forment parmi les régulateurs et les décideurs politiques.

Les juridictions neutres sur le plan technologique maintiennent leur position

Un groupe important de juridictions continue de s'appuyer sur les cadres existants, neutres sur le plan technologique, pour encadrer le déploiement de l'IA dans les services financiers. La logique est que les obligations existantes en matière de gouvernance, de responsabilité et de protection des consommateurs s'appliquent déjà aux décisions pilotées par l'IA, sans qu'il soit besoin d'une législation dédiée à l'IA. Ces régulateurs mettent à jour leurs orientations de manière incrémentale plutôt que de légiférer ex nihilo, ce qui offre aux entreprises relevant de leur compétence une certaine continuité, mais laisse aussi des lacunes d'interprétation.

Les premières règles spécifiques à l'IA sont progressivement abandonnées

Plus surprenante encore est la seconde dynamique : certaines juridictions qui avaient agi tôt en introduisant des exigences spécifiques à l'IA reviennent aujourd'hui sur ces règles. KPMG l'attribue en partie à la vitesse d'évolution de l'IA qui dépasse les cadres conçus pour la contenir, et en partie à la pression concurrentielle exercée par les juridictions ayant choisi une approche plus légère. L'effet pratique est que les entreprises opérant à l'international font face à des obligations de conformité réellement incohérentes, non pas de simples différences de calendrier ou d'accent, mais des modèles réglementaires structurellement différents.

Ce que cela signifie pour les structures de gouvernance

Les recommandations de KPMG aux gestionnaires d'actifs sur l'IA méritent d'être lues comme des obligations comptables et d'audit déguisées. Le rapport appelle les entreprises à identifier les cas d'usage de l'IA qui apportent le plus de valeur et à soutenir ces déploiements par une gouvernance et une supervision rigoureuses. Point crucial, il met l'accent sur la responsabilité des décisions prises et des résultats obtenus tout au long du cycle de vie de l'IA. Pour les auditeurs, ce cadrage renvoie directement aux exigences de piste d'audit : si un modèle d'IA influence une décision de tarification, de risque ou de conformité, la chaîne de responsabilité doit être documentable. Les entreprises qui s'appuient sur des outils assistés par l'IA pour le reporting financier ou la valorisation de portefeuille devront démontrer qu'un humain disposant de l'autorité appropriée a examiné et accepté le résultat, et pas simplement que le modèle a tourné.

Tokenisation : du pilote à la réalité opérationnelle

La conclusion la plus immédiatement lourde de conséquences pour les praticiens de la comptabilité concerne la tokenisation. KPMG qualifie ce basculement de passage de l'expérimentation à une véritable structuration du marché, du moins parmi les principaux centres financiers. Les régulateurs de ces juridictions ne conçoivent plus d'environnements de type bac à sable ; ils construisent une infrastructure réglementaire destinée à soutenir une activité réelle et à grande échelle.

Les principaux centres se précipitent pour édicter les règles

Le rapport note que les grandes places financières avancent simultanément sur trois fronts : rédiger ou finaliser les règles, construire l'infrastructure de marché que ces règles encadreront, et rivaliser pour attirer les émetteurs et les intermédiaires. Cette dynamique à trois fronts signifie que les règles en cours d'écriture seront probablement les règles durables, et non des arrangements intérimaires susceptibles d'être révisés en profondeur. Les entreprises qui s'engagent tôt dans ces cadres bénéficient de l'avantage pratique de façonner les orientations de mise en œuvre, et non de simplement s'y conformer après coup. Cela rejoint le débat plus large sur les infrastructures qui se joue en Europe : pour le contexte sur la manière dont l'expansion du plafond du régime pilote DLT de l'UE redessine l'infrastructure des titres tokenisés, la trajectoire législative déjà en marche est instructive.

Les juridictions en retard font face à un problème de rattrapage

KPMG est franche : d'autres juridictions progressent à un rythme plus lent. Le risque pour les entreprises dont le siège ou la licence se trouve sur ces marchés n'est pas seulement concurrentiel, il est opérationnel. Si le principal régulateur d'un gestionnaire d'actifs n'a pas encore clarifié comment les parts de fonds tokenisées doivent être classées, valorisées ou déclarées, l'entreprise doit choisir entre attendre la clarté (et prendre du retard sur ses pairs) ou agir sur la base d'interprétations raisonnables (et accepter un risque réglementaire résiduel). Aucune des deux options n'est sans coût.

Les pressions comptables et d'audit liées aux actifs tokenisés

Les actifs tokenisés qui passent du pilote à la production créent des obligations comptables que beaucoup d'entreprises n'ont pas encore testées à grande échelle. Les questions clés sont la classification, l'évaluation et la publication. Selon les normes IFRS, la classification d'un actif tokenisé dépend des droits qu'il confère, et non de la technologie sur laquelle il repose. Une obligation tokenisée reste une obligation ; une part de fonds tokenisée peut être un instrument de capitaux propres ou un passif selon la structure du fonds. Ce qui change, c'est la complexité opérationnelle : le règlement peut être quasi instantané, les positions peuvent être mises à jour en continu, et la chaîne de détention est enregistrée sur un registre distribué plutôt que dans les livres d'une contrepartie centrale.

Pour les équipes utilisant un logiciel de comptabilité des actifs numériques, l'exigence pratique porte sur des systèmes capables d'ingérer les données de transactions on-chain à la granularité que produit le registre, de les mapper au traitement comptable correct et de produire des enregistrements prêts pour l'audit. Les entreprises qui ont bâti leurs flux de travail de logiciel de tenue de comptes crypto autour d'imports par lots en fin de journée depuis une seule plateforme d'échange constateront que ces architectures sont insuffisantes pour une activité de tokenisation institutionnelle impliquant plusieurs registres, des interactions de contrats intelligents et des structures de propriété fractionnée.

L'exemple récent de ce à quoi cela ressemble en pratique est utile ici : ce que le swap d'indice tokenisé de DRW et Marex signifie pour les flux de travail comptables de gré à gré illustre les défis spécifiques de données et de rapprochement qui surgissent lorsqu'un instrument tokenisé est réglé sur un réseau permissionné sans chambre de compensation traditionnelle au milieu.

Règles sur les actifs numériques : l'alignement sur la finance traditionnelle

Le troisième volet du rapport de KPMG aborde le paysage réglementaire plus large des actifs numériques. L'observation principale est que les régulateurs renforcent les exigences imposées aux prestataires de services sur cryptoactifs pour garantir leur compatibilité avec les obligations de la finance traditionnelle, tout en renforçant la protection des investisseurs en parallèle de cet alignement.

Convergence avec les exigences de la finance traditionnelle

Il s'agit d'un changement significatif de philosophie réglementaire. La première réglementation crypto dans la plupart des juridictions était additive : nouvelles catégories d'enregistrement, nouvelles exigences de publication, nouvelles règles de conservation, superposées aux cadres existants, ou parfois en remplacement de ceux-ci. La direction actuelle est intégrative : les prestataires de services sur cryptoactifs sont de plus en plus tenus de respecter les mêmes normes de fond que les sociétés d'investissement ou les gestionnaires de fonds agréés, avec des modifications sur mesure là où la technologie diffère réellement, plutôt que des dérogations générales.

Pour les cabinets comptables conseillant des entreprises d'actifs numériques, cela signifie que la méthodologie d'audit d'un gestionnaire de cryptoactifs converge avec celle d'un gestionnaire d'actifs traditionnel. Les règles sur les fonds de la clientèle, les informations sur les conflits d'intérêts, les obligations de meilleure exécution et les exigences de fonds propres prudentiels migrent tous vers l'espace crypto. Les entreprises qui ont bâti leurs programmes de conformité et d'audit sur l'hypothèse que la crypto était un univers réglementaire séparé et plus léger doivent réévaluer cette hypothèse dès maintenant.

La protection des investisseurs comme contrainte réelle

Les orientations de KPMG aux entreprises réglementées incluent une instruction spécifique de vérifier que les produits d'actifs numériques n'atteignent que leur marché cible prévu et que des dispositifs efficaces de gestion des risques sont en place. Ce langage reflète les exigences de gouvernance des produits inscrites dans des cadres comme MiFID II, et son apparition dans des orientations destinées aux gestionnaires d'actifs numériques signale que les régulateurs attendent que ces normes s'appliquent, non pas comme une bonne pratique aspirationnelle mais comme une obligation opposable. Pour les auditeurs, cela soulève la question de savoir si les procédures existantes des clients testent adéquatement les contrôles de gouvernance des produits dans le contexte des actifs numériques.

Priorités de mise en œuvre : ce que les entreprises devraient faire dès maintenant

La liste d'actions de KPMG pour les entreprises est structurée autour de la stratégie plutôt que d'une liste de contrôle de conformité, ce qui est le bon cadrage. Le rapport demande aux gestionnaires d'actifs d'élaborer une stratégie en matière d'actifs numériques et de tokenisation couvrant les modèles opérationnels cibles, les priorités d'investissement et les besoins en compétences. Pour les pratiques comptables et d'audit qui conseillent ces gestionnaires, la tâche parallèle consiste à s'assurer que l'infrastructure de prestation du cabinet, sa pile logicielle de comptabilité crypto, les compétences de son personnel et sa bibliothèque de méthodologies peuvent soutenir des clients opérant dans l'environnement décrit par KPMG.

Gouvernance sur l'ensemble du cycle de vie

L'insistance répétée du rapport sur la gouvernance du cycle de vie n'est pas accidentelle. Tant sur l'IA que sur les actifs numériques, KPMG présente le risque comme celui d'une gouvernance incomplète : des entreprises qui déploient une technologie sans garantir la responsabilité à chaque étape, de la conception au décommissionnement. Pour les directeurs financiers et les équipes financières, la gouvernance du cycle de vie a un corollaire comptable direct. Un actif qui est tokenisé, négocié, racheté, puis dont le contrat intelligent sous-jacent est déprécié doit être comptabilisé à chaque étape, et les enregistrements comptables doivent rester traçables même après la fin de l'activité on-chain.

Tests de résilience des infrastructures

KPMG appelle explicitement à tester la résilience des nouvelles infrastructures. Dans un contexte comptable, cela se traduit par tester si les pipelines de données allant des registres distribués aux grands livres généraux sont robustes, si les processus de rapprochement peuvent gérer les transactions échouées ou les réorganisations, et si des procédures de secours existent en cas d'indisponibilité d'un nœud ou d'un oracle. Ce sont des questions opérationnelles, mais elles ont des implications directes sur le reporting financier : si le flux de données échoue, le solde de fin de période n'est pas fiable.

Rapport KPMG 2026 : les règles sur l'IA divergent, la tokenisation passe au mainstream

Questions fréquentes

Le rapport de KPMG identifie-t-il des juridictions spécifiques comme leaders ou retardataires en matière de tokenisation ?

L'extrait publié caractérise les principaux centres financiers comme construisant activement des règles et des infrastructures, sans les nommer individuellement. Le cadrage suggère des juridictions dotées de marchés de capitaux établis et de cadres réglementaires fintech existants, mais le rapport ne produit pas de classement dans la partie disponible.

Comment un cabinet comptable doit-il traiter une part de fonds tokenisée selon les normes IFRS ?

La classification suit les droits conférés, et non la forme technologique. Une part tokenisée qui donne à son détenteur droit à une quote-part proportionnelle de l'actif net avec des droits de rachat constitue probablement un passif financier du fonds au sens de la norme IAS 32. Une part structurée en capitaux propres sans obligation contractuelle de rachat serait classée différemment. L'enveloppe tokenisée ne change pas l'analyse sous-jacente, mais elle introduit de nouvelles complexités d'évaluation et de publication autour de la conservation on-chain et des coûts de transaction.

Quel est le risque comptable lié aux décisions pilotées par l'IA dans le reporting financier ?

Le risque principal est l'attribution : si un modèle d'IA produit une évaluation, une classification ou une publication qui s'avère ensuite incorrecte, l'entreprise doit démontrer qu'un humain compétent a examiné et approuvé le résultat. Si cette chaîne de revue est absente ou mal documentée, l'entreprise fait face à la fois à un risque de reporting financier et à une éventuelle observation d'audit. L'accent mis par KPMG sur la responsabilité des résultats de l'IA est directement pertinent pour cette exposition.

Que signifie « tests de résilience des infrastructures » en pratique pour une équipe financière ?

Cela signifie vérifier, avant une clôture de période, que chaque flux de données allant d'un registre distribué ou d'un dépositaire vers le système comptable produit des enregistrements complets, exacts et opportuns. Cela signifie aussi disposer de procédures documentées pour ce qui se passe lorsqu'un flux échoue : qui est notifié, quel processus de contournement manuel s'applique, et comment les enregistrements résultants sont signalés dans la piste d'audit.

Comment la convergence des règles crypto avec la finance traditionnelle affecte-t-elle le périmètre d'audit ?

À mesure que les régulateurs alignent les obligations des prestataires de services sur cryptoactifs sur celles des sociétés d'investissement agréées, les auditeurs devront de plus en plus tester des contrôles qui étaient auparavant hors des programmes d'audit spécifiques à la crypto : gouvernance des produits, conflits d'intérêts, meilleure exécution et adéquation des fonds propres prudentiels. Les cabinets qui n'ont pas mis à jour leur méthodologie d'audit des actifs numériques depuis la première vague d'agréments dans leur juridiction devraient revoir leurs programmes au regard des attentes réglementaires actuelles.

Source : KPMG Digital Assets

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