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Cartographie des risques 2026 de l’AMF : ce que les entreprises doivent savoir

CryptaCount Editorial · · 5 min de lecture
STRUCTURE DE MARCHÉ Cartographie des risques 2026 de l’AMF: ce que les entreprises doivent savoir

Le régulateur des marchés financiers français, l’Autorité des marchés financiers (AMF), a publié sa cartographie 2026 des marchés et des risques le 30 juin 2026. Le constat est clair : les principaux risques identifiés dans l’édition 2025 ne se sont pas atténués. Ils se sont intensifiés. L’instabilité géopolitique, les vulnérabilités cyber et une correction des marchés des crypto-actifs sont désormais les caractéristiques dominantes du paysage des risques pour les entreprises opérant en France et dans l’UE.

Cartographie des risques 2026 de l’AMF : ce que les entreprises doivent savoir

Le stress géopolitique est désormais un arrière-plan structurel

L’AMF décrit l’instabilité géopolitique comme une condition structurelle, et non cyclique, pour les marchés financiers. Les tensions commerciales persistantes, l’incertitude autour de la politique tarifaire, le conflit russo-ukrainien en cours et une nouvelle flambée des tensions au Moyen-Orient ont collectivement remodelé l’environnement macroéconomique.

Marchés de l’énergie et inflation

Le conflit au Moyen-Orient a eu son impact le plus marqué via les marchés de l’énergie. Les perturbations de l’approvisionnement en pétrole et en gaz ont fait grimper les prix de l’énergie, ravivant les pressions inflationnistes et entraînant une réévaluation des trajectoires des taux d’intérêt. L’AMF note que les attentes du marché concernant les taux sont désormais plus incertaines, avec des perspectives plus divergentes qu’au moment de la cartographie 2025.

Résilience des marchés jusqu’à présent, mais des vulnérabilités persistent

Malgré un épisode de correction marqué et une volatilité élevée, les marchés financiers ont fait preuve de résilience opérationnelle et financière. Les marchés actions ont rebondi rapidement après le choc initial ; plusieurs indices ont retrouvé, voire dépassé, leurs niveaux d’avant le conflit. Mais l’AMF se garde d’interpréter la résilience comme une absence de risque. Elle pointe trois vulnérabilités préexistantes qui pourraient amplifier toute détérioration future :

  • Des valorisations élevées dans certains segments
  • Une concentration des performances dans un petit nombre de grandes entreprises technologiques
  • Des niveaux d’endettement élevés dans certains secteurs

La liquidité du marché obligataire s’est globalement maintenue, bien que la hausse des rendements souverains et l’augmentation des coûts de financement créent des pressions supplémentaires dans un environnement déjà marqué par des niveaux d’endettement élevés.

Marchés des crypto-actifs : la correction se poursuit

La cartographie 2026 de l’AMF identifie explicitement la correction en cours sur les marchés des crypto-actifs comme un domaine de sensibilité accrue. Le régulateur caractérise les crypto-actifs comme de plus en plus réactifs aux évolutions de l’environnement économique et financier global, un changement notable par rapport aux cycles antérieurs où les prix des crypto-actifs semblaient évoluer indépendamment des conditions macroéconomiques.

Cela a des implications pratiques pour les équipes conformité et comptabilité. Les portefeuilles exposés aux crypto-actifs sont désormais soumis à une volatilité macroéconomique qui n’était pas pleinement intégrée dans les cadres de risque il y a encore deux ans. Les entreprises détenant des positions en crypto-actifs ou servant des clients qui en détiennent devraient revoir les méthodologies de valorisation, les hypothèses de stress-test et les obligations de divulgation en vertu des cadres applicables. L’avertissement de la BRI sur le risque systémique des stablecoins et la fragmentation financière s’ajoute à ce signal de l’AMF comme preuve supplémentaire du resserrement de la surveillance réglementaire des actifs numériques au niveau systémique. Parallèlement, la pression des législateurs de l’UE pour une évaluation réglementaire de la DeFi, du staking et des NFT suggère que le périmètre des actifs numériques réglementés est appelé à s’étendre davantage.

Risque cyber et opérationnel : l’IA accélère la menace

L’AMF distingue les risques opérationnels et cyber comme continuant de s’intensifier. Les avancées rapides de l’intelligence artificielle, en particulier au niveau des modèles de frontière, sont identifiées comme une perturbation potentiellement majeure de la cybersécurité. Le régulateur reconnaît que l’IA offre des avantages réels en termes d’efficacité, d’innovation et de gestion des risques. Mais elle élargit également la surface d’attaque et crée de nouvelles vulnérabilités opérationnelles.

DORA comme réponse structurelle

L’AMF présente le règlement européen sur la résilience opérationnelle numérique (DORA) comme la réponse réglementaire principale à ces risques. DORA fixe des exigences contraignantes en matière de gestion des risques TIC, de signalement des incidents, de tests de résilience et de supervision des tiers pour les entités financières. Le défi pour les entreprises est désormais une adaptation continue : les cadres de prévention et de réponse doivent suivre le rythme d’un environnement de menace qui évolue plus rapidement que la plupart des cycles de gouvernance internes.

Actifs privés et exposition des investisseurs particuliers

Les actifs privés poursuivent leur expansion rapide et l’AMF signale des préoccupations croissantes. Au niveau mondial, les régulateurs surveillent de près la croissance soutenue de la finance privée et du crédit privé. L’évaluation actuelle de l’AMF est que ce segment ne représente pas encore une source significative de risque de stabilité financière systémique, compte tenu de sa taille encore limitée par rapport aux marchés publics. Mais une croissance soutenue, combinée à un élargissement de l’accès des investisseurs particuliers, suscite des préoccupations croissantes concernant la liquidité, la valorisation, l’effet de levier et les interconnexions avec le système financier au sens large.

Le taux d’épargne français est resté élevé en 2025, et on observe une augmentation marquée de l’intérêt pour les investissements financiers, en particulier les ETF, portée par les néo-courtiers et une génération d’investisseurs plus jeunes (moins de 35 ans). L’AMF note que cette cohorte présente certaines caractéristiques et comportements qui la rendent plus vulnérable aux préjudices financiers.

Fraude et usurpation d’identité en hausse

Dans ce contexte de participation croissante des particuliers, l’AMF souligne une forte augmentation de la fraude et la sophistication croissante des escroqueries. L’usurpation d’identité, les nouvelles technologies et les techniques de manipulation des investisseurs sont déployées avec un professionnalisme accru. C’est une préoccupation directe pour les entreprises ayant des activités destinées aux particuliers, des fonctions de conformité et des processus d’intégration.

Cartographie des risques 2026 de l’AMF : ce que les entreprises doivent savoir

Ce que cela signifie pour les équipes conformité et comptabilité

La cartographie 2026 de l’AMF est un signal de surveillance, pas seulement une enquête académique sur les risques. Lorsque le régulateur des marchés français publie une cartographie structurée des risques, cela façonne les priorités d’examen, les revues thématiques et l’attention en matière d’application dans la période à venir. Les entreprises devraient traiter les quatre domaines signalés, sensibilité géopolitique, volatilité des crypto-actifs, risque opérationnel lié au cyber et à l’IA, et gouvernance des actifs privés, comme des domaines où les lacunes attireront l’attention.

Pour les équipes gérant des positions en crypto-actifs ou conseillant des clients qui en détiennent, la mention explicite de la correction en cours et de la sensibilité macroéconomique accrue renforce la nécessité d’une valorisation robuste et en temps réel et d’un suivi des positions. Les scénarios de stress devraient désormais inclure des hypothèses de baisse spécifiques aux crypto-actifs alignées sur des événements de dislocation plus larges du marché, et pas seulement des chocs propres à la classe d’actifs.

Q : Qu’est-ce que la cartographie 2026 des marchés et des risques de l’AMF ?

L’AMF publie chaque année une cartographie des principaux risques auxquels sont confrontés les marchés financiers français et européens. L’édition 2026, publiée le 30 juin 2026, identifie l’instabilité géopolitique, la correction des marchés des crypto-actifs, l’escalade des risques cyber et opérationnels, ainsi que les préoccupations concernant la croissance des actifs privés et la protection des investisseurs particuliers comme thèmes dominants.

Q : Comment l’AMF caractérise-t-elle le risque lié aux marchés des crypto-actifs en 2026 ?

L’AMF note que les marchés des crypto-actifs sont dans une phase de correction continue et montrent une sensibilité accrue aux conditions économiques et financières générales. Cela représente un changement par rapport aux cycles précédents et a des implications directes sur la manière dont les entreprises modélisent, testent en situation de stress et divulguent leurs positions en crypto-actifs.

Q : Que dit l’AMF sur le risque cyber et opérationnel ?

Le régulateur identifie les risques cyber et opérationnels comme continuant de s’intensifier, les avancées rapides des modèles d’IA de frontière étant citées comme un perturbateur potentiellement majeur de la cybersécurité. L’IA crée à la fois des efficacités et de nouvelles vulnérabilités, et les entreprises doivent adapter en continu leurs cadres de prévention et de réponse.

Q : Comment DORA se rapporte-t-il aux risques identifiés dans la cartographie de l’AMF ?

L’AMF présente DORA comme la réponse structurelle principale à l’environnement croissant de risques cyber et opérationnels. Il fixe des exigences contraignantes en matière de gestion des risques TIC, de signalement des incidents, de tests de résilience et de supervision des tiers, et la cartographie indique que l’adaptation des entreprises à DORA est une obligation de conformité continue, et non ponctuelle.

Q : Quelles sont les préoccupations de l’AMF concernant la protection des investisseurs particuliers en 2026 ?

L’AMF signale une hausse du taux d’épargne français, un intérêt croissant des particuliers pour les produits financiers, en particulier les ETF via les néo-courtiers, et l’émergence d’une cohorte d’investisseurs plus jeunes, potentiellement plus vulnérables. Elle souligne également une forte augmentation de la fraude, de l’usurpation d’identité et des schémas de manipulation sophistiqués ciblant les investisseurs particuliers.

Source : Autorité des marchés financiers (AMF)

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