CryptaCount
FR
EnglishENDeutschDEEspañolESFrançaisFRItalianoIT日本語JA한국어KONederlandsNLPolskiPLPortuguêsPT
Connexion Essai gratuit

L'AMF sanctionne un gestionnaire d'actifs pour manquements aux obligations professionnelles

CryptaCount Editorial · · 7 min de lecture
APPLICATION RÉGLEMENTAIRE L'AMF sanctionne un gestionnaired'actifs pour manquements auxobligations professionnelles

La commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF) a adressé un avertissement à une société de gestion d'actifs française et à son président pour une série de manquements aux obligations professionnelles identifiés lors d'activités menées en 2017. L'affaire ne s'est pas arrêtée au niveau de la commission : le président de l'AMF a formé un recours principal devant le Conseil d'État, qui, en mai 2023, a élargi la portée des constatations et ordonné que la décision soit publiée de manière non anonyme pendant trois ans sur le site de l'AMF. Pour les responsables de la conformité, les auditeurs et les conseillers qui servent des sociétés d'investissement réglementées, cette affaire est un rappel clair de l'attention portée par les autorités de contrôle lorsque les contrôles internes font défaut.

L'AMF sanctionne un gestionnaire d'actifs pour manquements aux obligations professionnelles

Contexte : La société sous surveillance

Taille et activités à l'époque

Au moment des faits en cause, la société gérait environ 91 millions d'euros d'actifs dans quatre FIA et onze OPCVM. Elle gérait également un portefeuille de gestion sous mandat d'environ 54 millions d'euros couvrant environ 500 comptes clients. La société a ensuite été placée en liquidation judiciaire, mais cela ne l'a pas protégée, ni son président, de la sanction.

La décision de la commission des sanctions de décembre 2020

Dans sa décision du 18 décembre 2020 (référence SAN-2020-14), la commission a adressé un avertissement à la société et à son président. Les avertissements constituent l'échelon le plus bas de l'échelle des sanctions formelles de l'AMF, mais la publication et la possibilité d'un recours par le président de l'AMF signifient que l'exposition réputationnelle et juridique peut s'étendre bien au-delà du résultat initial.

Ce que la commission a constaté : Manquements retenus

Non-respect des contraintes d'investissement des mandats

Le constat le plus simple concernait les mandats discrétionnaires. La commission a établi que la société n'avait pas respecté les contraintes d'investissement fixées dans les conventions de mandat de ses clients et, surtout, n'avait mis en place aucun mécanisme de contrôle pour surveiller le respect de ces contraintes. Ce double manquement, dépasser les limites et ne pas avoir de processus pour détecter le dépassement, est précisément le schéma que les régulateurs français traitent comme systémique plutôt qu'accessoire.

Procédures de conflit d'intérêts absentes

La commission a également constaté que la société n'avait pas établi ni mis en œuvre de procédures opérationnelles capables d'identifier et de gérer les conflits d'intérêts. Il s'agit d'une exigence permanente en vertu de la réglementation française de la gestion d'actifs, et son absence est traitée sérieusement, qu'un préjudice réel pour un investisseur puisse être démontré ou non dans un cas donné.

Défaillances dans l'entrée en relation et la mise à jour des dossiers clients

Un troisième ensemble de manquements retenus concernait la diligence raisonnable à l'égard des clients. La société n'avait pas effectué les vérifications requises, tant au début d'une nouvelle relation client que de manière continue lorsque les dossiers devaient être mis à jour. La commission a également constaté que la documentation commerciale des fonds examinés présentait une image déséquilibrée des avantages par rapport aux risques, et que les contrôles qui auraient dû détecter ce déséquilibre n'avaient pas été effectués.

Ce que la commission a rejeté

Toutes les allégations n'ont pas été retenues au niveau de la commission. Les commissaires ont conclu que les investissements en gestion collective de la société étaient conformes aux stratégies déclarées des fonds. Sur la question des investissements dans les fonds internes effectués dans le cadre de mandats discrétionnaires, la commission a estimé que l'accusation n'avait pas démontré que ces investissements manquaient de justification économique ou étaient contraires aux objectifs du mandat. Ces rejets ont toutefois fait l'objet du recours ultérieur du président de l'AMF.

Responsabilité du président : Le rôle du président

Responsabilité personnelle pour les défaillances de gouvernance

Tous les manquements retenus ont été imputés personnellement au président de la société en sa qualité de dirigeant effectif à l'époque des faits. Cela reflète l'approche constante de l'AMF : lorsque les défaillances de gouvernance d'une société sont généralisées, la personne au sommet de la chaîne de décision assume la responsabilité aux côtés de l'entité. Le président ne peut pas se cacher derrière la structure de l'entreprise lorsque les contrôles opérationnels et les processus de protection des clients font défaut sur ses instructions ou avec son acquiescement.

Le recours devant le Conseil d'État : Champ élargi en 2023

Ce que le Conseil d'État a annulé et ajouté

Le président de l'AMF a exercé le droit de former un recours principal devant le Conseil d'État. Dans une décision du 24 mai 2023 (n° 449983), la haute juridiction a pris deux mesures importantes. Premièrement, elle a annulé la décision de la commission de rejeter l'allégation selon laquelle la société avait favorisé ses propres intérêts au détriment de ceux des fonds qu'elle gérait et de ses clients sous mandat discrétionnaire. Ce motif de conflit d'intérêts, rejeté en première instance, a été rétabli. Deuxièmement, elle a annulé le rejet de l'allégation selon laquelle les prospectus des fonds n'avaient pas divulgué l'application d'un taux de rotation élevé du portefeuille. Il s'agit dans les deux cas de constatations substantielles de protection des investisseurs, et non de points de procédure technique.

Publication non anonyme ordonnée pour trois ans

Le Conseil d'État a également ordonné que la décision initiale de la commission et son propre arrêt soient publiés sur le site de l'AMF sous forme non anonyme pendant une durée de trois ans. Il s'agit d'une escalade significative. La publication anonyme limite l'atteinte à la réputation ; la publication nominative attache définitivement les constatations aux identités de la société et des personnes concernées pendant la durée de la fenêtre de publication. Pour toute société réglementée opérant en France, la perspective d'une divulgation nominative constitue une incitation forte à mettre en place des contrôles avant le début d'un examen de supervision.

La haute juridiction a rejeté la demande du président au titre des frais irrépétibles en application du code de justice administrative applicable.

Enseignements pratiques pour les professionnels de la conformité et de l'audit

Quatre lacunes de contrôle à combler dès maintenant

Le scénario factuel de cette affaire correspond à quatre lacunes de contrôle distinctes que les auditeurs et les responsables de la conformité devraient tester explicitement lors de l'examen du dispositif d'un client gestionnaire d'actifs.

Surveillance des contraintes de mandat : Les limites d'investissement inscrites dans les conventions de mandat des clients doivent être suivies systématiquement, et non seulement énoncées dans la documentation. Un contrôle qui ne génère pas d'alertes n'est pas un contrôle.

Procédures de conflit d'intérêts : Des procédures opérationnelles, et non de simples déclarations de politique, doivent exister et être appliquées. La commission fait la distinction entre une société qui a une politique de conflits sur le papier et une société qui dispose d'un processus opérationnel capable d'identifier et de gérer les conflits en temps réel.

Intégrité du dossier client à l'entrée en relation et lors des mises à jour : Les régulateurs en France, comme ailleurs dans l'UE, attendent des vérifications initiales à l'entrée en relation et des actualisations périodiques tout au long de la relation client. Les lacunes à l'un ou l'autre stade sont traitées comme un manquement autonome.

Communications marketing équilibrées : La documentation des fonds qui met l'accent sur les avantages tout en minimisant les risques attire l'attention des autorités. Les contrôles conçus pour examiner les communications doivent être effectivement réalisés et documentés.

Des pistes d'audit documentées sont essentielles

Une tenue de registres précise et une exécution documentée des contrôles sont ce qui distingue une société qui peut démontrer sa conformité de celle qui ne peut que l'affirmer. Que la société utilise un logiciel de comptabilité d'actifs numériques dédié ou des systèmes conventionnels, le principe est identique : si un contrôle a été effectué, il doit être prouvé. C'est également pourquoi l'investissement dans une infrastructure fiable de reporting de conformité crypto est de plus en plus pertinent même pour les gestionnaires d'actifs traditionnels qui se diversifient dans les instruments numériques, où l'exhaustivité des données est plus difficile à supposer. Pour un contexte sur la manière dont la commission des sanctions de l'AMF a abordé des mesures d'exécution similaires dans des affaires de structure de marché, consultez notre couverture antérieure des sanctions de l'AMF pour manipulation de marché et décisions de la commission des sanctions.

La qualité des données sous-jacentes est également importante au stade de l'enquête. Les régulateurs reconstruisent l'historique des transactions et testent les décisions d'investissement par rapport aux mandats déclarés en utilisant les registres que la société a conservés. Une mauvaise qualité des données, que ce soit dans le contexte des actifs conventionnels ou numériques, compromet la capacité d'une société à se défendre. Notre analyse de la manière dont la qualité des données d'analyse de la blockchain façonne les pistes d'audit de conformité couvre les questions de diligence raisonnable applicables lors de l'évaluation de tout système de conformité dépendant des données.

Questions fréquemment posées

Qu'est-ce que la commission des sanctions de l'AMF et quelle est son indépendance ?

La commission des sanctions de l'AMF est un organe distinct des fonctions d'enquête et de contrôle de l'AMF. Elle est composée de magistrats et de professionnels du secteur et fonctionne en toute autonomie décisionnelle. Elle peut sanctionner toute personne ou entité dont les pratiques enfreignent les lois et règlements relevant du champ de compétence de l'AMF, et elle approuve également les transactions conclues entre le secrétaire général de l'AMF et les mis en cause.

Le président de l'AMF peut-il faire appel d'une décision de la commission des sanctions ?

Oui. En droit administratif français, le président de l'AMF peut former un recours principal devant le Conseil d'État. Cela est distinct d'un recours de la partie sanctionnée. Dans cette affaire, le président de l'AMF a fait appel de motifs spécifiques que la commission avait rejetés, et le Conseil d'État a fait droit à sa demande, élargissant la portée des constatations à l'encontre de la société et de son président.

Que signifie concrètement une publication non anonyme ?

Lorsque le Conseil d'État ordonne une publication non anonyme, les noms de la société et des personnes concernées apparaissent dans la décision telle que publiée sur le site de l'AMF. L'ordonnance en l'espèce prévoit une durée de publication de trois ans. Les décisions anonymes ont toujours un poids réglementaire, mais elles n'ont pas la même conséquence réputationnelle directe pour les parties nommées.

La liquidation judiciaire protège-t-elle une société des sanctions de l'AMF ?

Non. La commission a prononcé son avertissement malgré la liquidation judiciaire de la société au moment de la décision. Le dossier de sanction et les obligations de publication survivent aux procédures collectives, et la responsabilité individuelle du président n'a pas été affectée par la situation financière de la société.

Quel est le lien entre cette affaire et les sociétés utilisant un logiciel de comptabilité d'actifs numériques ?

Les défaillances de contrôle fondamentales ici, la surveillance du respect des mandats, les procédures de gestion des conflits, l'intégrité des dossiers clients et des informations équilibrées, ne sont pas propres aux gestionnaires d'actifs traditionnels. Toute société réglementée manipulant des actifs clients, y compris celles utilisant un logiciel de tenue de comptes crypto ou un logiciel de comptabilité d'actifs numériques pour l'administration de fonds, est soumise aux mêmes obligations. Un logiciel robuste aide, mais il doit être configuré pour générer les bonnes alertes et produire des preuves documentées que les contrôles ont été effectivement réalisés.

Source : Autorité des marchés financiers (AMF)

FRGénéralApplicationApplication

Articles liés

Application
Sanctions de l'AMF pour manipulation de marché confirmées en dernier recours
Application
AMF : une société d'investissement condamnée à 220 000 € d'amende pour des manquements en matière de tenue de registres et d'exécution optimale
Application
L'AMF sanctionne sept personnes pour manipulation de marché sur Euronext Access
Application
L'AMF inflige une amende de 850 000 € à Bourse Direct pour des manquements en matière de déclaration et de surveillance des abus de marché