L'ESMA ordonne aux CASP non agréés de cesser leurs activités alors que la période transitoire MiCA se referme
L'Autorité européenne des marchés financiers a émis une directive claire à l'intention des prestataires de services sur crypto-actifs qui n'ont pas obtenu d'autorisation au titre du règlement sur les marchés de crypto-actifs : cessez d'offrir des services et liquidez vos activités de manière ordonnée, tout en prenant toutes les mesures nécessaires pour protéger les actifs des clients. La période transitoire MiCA étant désormais close, opérer sans agrément n'est plus une zone grise nulle part dans l'UE.
Ce qu'a dit l'ESMA et pourquoi c'est important maintenant
La déclaration de l'ESMA, republiée par la Malta Financial Services Authority le 24 juin 2026, clarifie sans ambiguïté la position réglementaire. Tout prestataire de services sur crypto-actifs qui n'a pas obtenu, ou n'est pas activement en cours d'obtention, d'une autorisation MiCA auprès d'une autorité nationale compétente doit cesser d'accepter de nouveaux clients et entamer une sortie ordonnée du marché.
L'obligation en deux parties pour les opérateurs non agréés
L'appel de l'autorité comporte deux obligations distinctes. Premièrement, les entreprises concernées doivent cesser toute nouvelle activité. Deuxièmement, et c'est crucial pour les clients de ces entreprises, elles doivent protéger les fonds et positions existants des clients tout au long du processus de liquidation. L'ESMA ne se contente pas de couper les ponts ; elle exige une sortie gérée et protectrice pour les clients.
Pour les cabinets comptables, les auditeurs et les directeurs financiers qui conseillent ou auditent des entités pouvant entrer dans cette catégorie, cette déclaration soulève des questions immédiates concernant les évaluations de continuité d'exploitation, la séparation des actifs des clients et l'exactitude de toute représentation faite dans les états financiers concernant le droit d'exploitation d'une entreprise.
Contexte : Le régime transitoire MiCA
MiCA a introduit un régime transitoire permettant aux entreprises déjà opérant légalement dans le cadre des cadres nationaux de continuer à fournir des services pendant une période définie pendant qu'elles poursuivaient leur demande d'autorisation CASP. Cette fenêtre est désormais fermée. Les autorités nationales compétentes dans toute l'UE, y compris la MFSA à Malte, alignent leurs activités de surveillance en conséquence.
Comment la transition a affecté différents États membres
Les États membres étaient autorisés à fixer la durée de leurs propres périodes transitoires dans les limites fixées par MiCA, ce qui a créé des variations dans tout le bloc. Certaines juridictions, comme l'Espagne, ont clairement indiqué bien avant la date limite qu'aucune prolongation ne serait accordée. D'autres ont avancé à des rythmes différents, mais le tableau paneuropéen est désormais cohérent : la période transitoire est terminée, et l'ESMA coordonne la réponse de surveillance au niveau européen.
Les entreprises qui conseillent des clients sur la transition des VFA maltais vers les CASP reconnaîtront ce schéma. La MFSA communiquait déjà des attentes similaires à sa propre population réglementée. La déclaration de l'ESMA renforce ce message à grande échelle.
Implications pour les cabinets comptables et les auditeurs
Trois domaines exigent une attention immédiate de la part des conseillers professionnels.
Continuité d'exploitation et divulgations du statut d'agrément
Une entité opérant comme CASP sans agrément est, à partir de la date de fin de la période transitoire, en situation irrégulière au regard du droit de l'UE. Ce fait est significatif pour toute mission d'audit ou de comptabilité. Les auditeurs doivent déterminer si la poursuite de l'activité constitue un risque de continuité d'exploitation et si les états financiers préparés pour la période reflètent correctement la situation réglementaire de l'entité.
Séparation des actifs des clients et obligations de protection
La référence explicite de l'ESMA à la protection des clients pendant la liquidation rappelle que les avoirs en crypto-actifs détenus pour le compte de clients portent des obligations de conservation. Si une entreprise se liquide, ces actifs doivent être restitués ou transférés de manière contrôlée. Les comptables et auditeurs examinant ces entités doivent vérifier que les dispositifs de protection sont documentés, que les actifs sont correctement isolés et que les transferts sont enregistrés à leur juste valeur.
Risque de contrepartie pour les entreprises agréées
Les CASP agréés et les participants institutionnels ayant des relations avec des opérateurs désormais non agréés sont exposés à un risque de contrepartie. Les équipes de conformité et les directeurs financiers des entreprises agréées doivent examiner leur exposition. La position ferme de l'Espagne sur les délais MiCA illustre comment les autorités nationales soutiennent la position de l'ESMA par une application active, ce qui signifie que les relations de contrepartie avec des entités non conformes comportent un risque juridique et de réputation réel.
Ce que les entreprises doivent faire maintenant
Les mesures pratiques se répartissent en deux catégories : l'examen axé sur les clients et la gouvernance interne.
Mesures pour les conseillers et auditeurs
Commencez par cartographier chaque client de votre portefeuille qui opère, ou a opéré, en tant que prestataire de services sur crypto-actifs dans l'UE. Confirmez leur statut d'agrément directement auprès du registre public de l'autorité nationale compétente concernée. En l'absence d'agrément ou en cas d'expiration, évaluez la situation de continuité d'exploitation et documentez vos conclusions. Si un client est en cours de liquidation, engagez-vous rapidement sur la séparation des actifs, la comptabilisation des passifs et le calendrier de restitution des fonds des clients.
Sur le plan de la gouvernance interne, les entreprises ayant des expositions aux crypto-actifs dans leur propre bilan doivent vérifier que les prestataires de services auxquels elles ont recours pour la conservation ou le trading détiennent des autorisations MiCA valides. Le risque qu'une contrepartie entre dans une liquidation ordonnée par l'ESMA n'est pas théorique ; c'est une considération opérationnelle actuelle.
FAQ
Cela signifie que l'entreprise doit immédiatement cesser d'accueillir de nouveaux clients et entamer un processus de sortie structuré. Tout au long de ce processus, elle reste tenue de protéger les actifs existants des clients, de restituer ou transférer les avoirs de manière ordonnée et de coopérer avec son autorité nationale compétente.
L'ESMA rappelle et renforce publiquement des obligations qui existent déjà en vertu de MiCA. La déclaration elle-même n'est pas un nouveau texte législatif, mais elle signale que les superviseurs nationaux sont censés agir contre les opérateurs non conformes et que l'ESMA coordonne cette réponse de surveillance au niveau européen.
L'absence d'agrément requis est un fait matériel. Les auditeurs doivent déterminer si cela déclenche une réserve de continuité d'exploitation, le divulguer comme une question significative dans le rapport d'audit le cas échéant, et vérifier que les déclarations dans les états financiers concernant le droit d'exploitation de l'entreprise sont exactes.
Chaque État membre de l'UE dispose d'une autorité nationale compétente désignée, telle que la MFSA à Malte, la BaFin en Allemagne ou l'AMF en France. L'ESMA tient également un registre des CASP agréés au niveau paneuropéen, qui est le point de départ le plus pratique pour une vérification transfrontalière.
Il doit immédiatement examiner les conditions contractuelles, évaluer le risque de contrepartie d'une liquidation réglementaire, déterminer s'il doit transférer des actifs ou des positions vers une alternative agréée, et documenter son évaluation des risques. Les superviseurs nationaux peuvent considérer la poursuite des relations avec une entité non agréée comme un manquement à la conformité de la part de l'entreprise agréée.
